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Gaëlle et l’Humanitaire : Volontaire au Brésil puis en Inde – 1/3

Toute nouvelle série de témoignage pour Valise Volante ! Cette fois-ci c’est Gaëlle qui  s’y colle avec un palmarès impressionnant d’expériences d’expatriée sur plusieurs continents. Elle débute son parcours en tant que bénévole dans d’importantes associations, au Brésil et en Inde.


Peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Gaëlle, j’ai 33 ans. Je suis née à Clermont-Ferrand mais je suis également d’origine portugaise par mes deux parents, j’ai donc la double nationalité ! Je me dis souvent que je dois avoir un ancêtre lointain qui était navigateur/explorateur et qui m’a donné le gène du voyage, car depuis que j’ai commencé à bouger que ça soit pour mes études, pour le boulot ou pour la découverte, je ne peux plus m’arrêter !

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Quelle était ta destination ?
Je suis partie en 2007 pour 6 mois au Brésil, à la fin de mon master 2 en Coopération et Droit international. Pendant ces 6 mois, j’ai vécu 4 mois dans une favela de Salvador où je travaillais dans une petite association appelée Associação Criança e Familia (ACEF), puis 2 mois à São Paulo où j’ai travaillé pour un important mouvement social brésilien, le Mouvement des Sans Terre (MST).

Avais-tu déjà voyagé seule ou déjà vécu à l’étranger avant ce volontariat ?
Avant cette expérience au Brésil, j’ai fait 2 petits séjours linguistiques à Londres en Angleterre et à Alicante en Espagne, pendant ma 2e année de fac. Puis j’ai passé 5 mois aux Etats-Unis pour un échange universitaire en 2004. Cette 1ère expérience plus ou moins longue m’a donné envie de repartir et la certitude que ma vie se construirait en partie à l’étranger…

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Pourquoi as-tu choisi de faire du volontariat au Brésil ?
Je devais faire un stage de fin d’étude et j’ai décidé assez vite que je voulais le faire au Brésil car c’était un pays qui me fascinait depuis des années par sa culture, son histoire et sa langue portugaise… Dans le cadre de mon master, c’était un pays qui présentait un contexte politique et social intéressant, avec des inégalités énormes, malheureusement encore d’actualité aujourd’hui même si différentes. Du haut de mes 23 ans, j’avais envie de me confronter à une autre réalité et de m’impliquer concrètement dans un pays en développement.

Peux-tu nous expliquer tes tâches ?
Dans l’association de Salvador, je travaillais le matin au secrétariat pour des tâches administratives, des traductions, des travaux sur ordinateur, des dossiers de financement. Puis l’après-midi, je travaillais dans le projet de crèche de l’association avec des petits groupes d’enfants où j’organisais des sessions d’activités ludiques, artistiques et de jeux divers.

Pendant les 2 mois où j’ai travaillé auprès du MST, j’étais en fait la représentante d’une association française partenaire (Frères des Hommes, FDH) et mon rôle était de récolter des informations sur les activités du mouvement afin d’alimenter une newsletter et d’aider à la rédaction des rapports d’activités de FDH. J’ai pu participer à certains évènements marquants, comme le Congrès National du mouvement et une formation où ont participé plusieurs membres de certains des mouvements sociaux latino-américains les plus actifs.

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Comment as-tu trouvé cette offre de volontariat ?
Pour mon volontariat, avec l’association de Salvador, ça s’est fait par hasard. A l’époque (en 2007), les sites de Workaway ou HelpX n’existaient pas, mais internet était déjà une mine d’or et j’ai trouvé un répertoire d’associations brésiliennes travaillant avec les enfants et les jeunes, recevant des soutiens d’associations françaises. J’ai envoyé quelques mails à différentes associations et j’ai fini par échanger avec l’une d’entre elles basée à São Paulo, qui m’a mis en contact avec une autre association de Salvador. Puis ça s’est enchainé…
Pour la partie de mon stage avec le MST, ça s’est fait par l’intermédiaire de l’association française partenaire, FDH, avec qui j’avais réalisé un stage en 2006. Satisfaits de mon travail, quand ils ont su que je partais au Brésil, ils ont vu l’opportunité d’avoir un représentant sur place auprès de leur partenaire.

Comment as-tu vécu la différence culturelle ? Ce qui t’as le plus marquée ?
Je suis arrivée au Brésil en juin 2007, en France c’était le début de l’été mais au Brésil celui de l’hiver, même si à Salvador il fait chaud toute l’année, de changer d’hémisphère et de m’imaginer la tête à l’envers c’était une première. J’arrivais assez confiante car je parlais déjà le portugais appris dans ma famille et amélioré par des cours à la fac, même si je savais que le portugais du Brésil était différent de celui du Portugal. J’ai eu quelques moments de doute au début mais je m’y suis vite habituée et j’ai fini par rigoler des différents quiproquos causés par la langue. D’ailleurs certains de mes amis brésiliens me les rappellent de temps en temps et aujourd’hui, je parle plus le portugais du Brésil que celui du Portugal que je trouve plus beau à l’oreille et plus fluide.
La découverte de la culture brésilienne a été une vraie révolution, la musique, la danse, les villes coloniales à l’histoire riche, tout comme j’ai adoré découvrir sa nature qui ne se limite pas seulement à de magnifiques plages mais aussi à de somptueux parcs naturels…

Pour les grosses différences culturelles, il a fallu s’habituer petit à petit au rythme nonchalant du Brésil, le rapport au temps totalement différent de celui de la France mais aussi à la chaleur des habitants, leur sourire, leur joie de vivre et leur motivation à aller toujours de l’avant quand ils se trouvent dans des situations difficiles…
Ce qui m’a le plus marquée c’est sûrement qu’en étant hébergée dans la favela où travaillait l’association, j’ai été confrontée à des réalités très différentes, très dures… J’ai rencontré des jeunes filles de 15-16 ayant déjà un enfant, voire deux, abandonnées par leur famille et pour qui l’association était un des seuls supports au quotidien. Face à cela, on relativise énormément quant à nos problèmes, plus ou moins petits. Pendant ces 4 mois, j’ai vécu dans une famille de la favela qui est devenue ma 2e famille, ils n’ont jamais accepté que je leur paye quoique ce soit et m’ont considéré comme une 2e fille… Aujourd’hui, le Brésil a une place très spéciale dans ma vie, j’y suis allée à 5 reprises et j’ai un temps pensé m’y installer mais la vie a fait que ça n’a pas été possible jusqu’à présent… Qui sait dans quelques années ?!

Y a-t-il certaines personnes qui t’ont marquée ?
Des personnes qui m’ont marquée il y en a eu c’est sûr… Berna, la directrice de l’association où j’ai travaillé à Salvador, une dame de 65 ans à l’époque qui a tout donné pour l’association et pour les familles du quartier. 10 ans après, elle est toujours là, elle a commencé à passer la main mais toute sa vie a été consacrée à l’asso et aux jeunes du quartier… Edite, Eli, Gabriel, Marlene, certains membres de l’association aussi m’ont marqué, ils m’ont adopté à part entière, c’est une famille par extension que j’ai trouvé en eux. Ou bien certains jeunes pleins de rêves et d’envie d’ailleurs, avec qui j’ai sympathisé et à qui j’ai donné des cours de français…
Puis il y a également certaines personnes rencontrées pendant mon 2e stage. J’ai moins gardé de contact donc j’ai oublié les noms mais je me rappelle en particulier d’une jeune agricultrice de 30 ans environ, qui m’a accueillie chez elle pendant une semaine pour que je puisse découvrir le fonctionnement du Mouvement des Sans Terre à la base, dans un camp gagné sur des terres agricoles non exploitées par leur propriétaire. C’était là aussi une autre réalité, celle du Brésil rural…

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Comment es-tu passée du Brésil à l’Inde ?
Là aussi ça s’est fait un peu au hasard, ou avec un peu de chance on va dire… Je suis rentrée du Brésil en décembre 2007. Après les fêtes de Noël, j’ai commencé à chercher du travail puis un jour de janvier, mon ancienne maitre de stage pour Frères des Hommes m’a appelée pour me proposer un volontariat auprès d’un autre de leur partenaire, mais cette fois en Inde !

Pourquoi avoir choisi cette destination ?
En fait, c’est plutôt l’Inde qui m’a choisie… Avant qu’on me propose ce volontariat, ce n’était pas du tout un pays auquel j’avais pensé. J’avais lu quelques bouquins, vu quelques films, mais ça ne m’attirait pas plus que ça. Pourtant je me suis dit que cette proposition était une belle occasion de connaitre un nouveau continent et surtout de découvrir un pays assez mystérieux avec encore des réalités bien différentes de celles de la France…

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Pourquoi avoir décidé de reprendre l’option de voyager en volontariat ?
Après avoir validé mon stage au Brésil pour mon master, je cherchais du travail dans une association pour continuer à m’investir dans la coopération internationale, et repartir à l’étranger. Pour me faire de l’expérience avant de prétendre à certains postes de gestion de projet, je savais qu’il faudrait repasser par la case « volontariat » et j’ai contacté plusieurs plateformes françaises d’envoi de volontaires. Puis j’ai reçu ce fameux appel…

Peux-tu nous expliquer tes tâches ?
Pour ce volontariat, j’ai finalement travaillé auprès de 2 partenaires de FDH pendant 5 mois : Fedina, basée à Bangalore mais avec des projets dans les trois états du sud de l’Inde, et Ekta Parishad dont j’ai visité des projets dans la même région. Pour Fedina, il s’agissait encore une fois de récolter des informations mais surtout d’accompagner les associations indiennes dans le suivi d’un projet de soutien au droit des femmes issues des bidonvilles, des villages, de tribus rurales, ainsi que des populations intouchables (appelées Dalits). Pour Ekta Parishad, c’était un peu la même chose mais j’ai surtout visité des communautés agricoles, dont certains villages touchés par le tsunami de 2004.
J’ai donc pas mal bougé dans le pays pour rencontrer ces femmes et communautés, c’est la partie de mon expérience la plus intéressante. Ensuite, je devais rédiger des rapports ou des articles pour la newsletter, qui permettaient de justifier de l’utilisation des dons reçus de particuliers ou des fonds concédés par des bailleurs institutionnels.

Comment as-tu trouvé l’Inde ?
Entre le Brésil et l’Inde, j’ai vécu un énorme grand écart culturel… Tout oppose ces deux pays, comme tout oppose la France et l’Inde… Déjà la langue. Même si je parlais l’anglais, l’anglais indien est assez curieux au premier abord. Puis il existe une multitude de langues et dialectes, dans chaque état du pays… Lors de mes rencontres avec les personnes, surtout les femmes, participant au projet que je suivais, j’ai adoré le fait que même sans parler la même langue, le regard, le sourire et les gestes permettaient de laisser entendre une bonne partie de nos intentions (j’avais quand même une traductrice…)

Mon expérience en Inde a été particulière, j’ai adoré et détesté à la fois… J’ai adoré mon travail et le contact avec les gens des associations indiennes, des personnes des projets, ma famille d’accueil, qui ont été adorables avec moi. J’ai adoré en découvrir plus sur la culture indienne, ses croyances entre hindouisme et bouddhisme, ses magnifiques temples, des cités mystérieuses comme Hampi, les couleurs surtout celles des splendides saris/tuniques des femmes, les odeurs dans les marchés. Bref, c’était un vrai dépaysement qui m’a permis d’apprendre beaucoup et d’avoir constamment les sens en éveil…
Mais j’ai aussi détesté les villes indiennes, très bruyantes, grouillantes de monde, sales et malodorantes. J’ai détesté certaines traditions comme les castes et surtout celles dévalorisant constamment le rôle et la place de la femme dans la famille et plus largement dans la société indienne. De tous les pays que j’ai visité jusqu’à aujourd’hui, il n’y a qu’en Inde que j’ai ressenti de le l’insécurité, j’ai vécu quelques épisodes assez traumatisants à des arrêts de bus. Jamais rien de grave mais je n’étais jamais à l’aise en présence d’hommes

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– Le bilan de ces Deux volontariats-

Qu’est-ce que ces expériences t’auront apportée ?
Plus de confiance en moi ! J’étais une ado un peu complexée, réservée, même si ça a changé peu à peu à la fac. Partir à l’étranger sur des périodes assez longues et seule m’a montré que j’étais capable de me débrouiller, de m’adapter à des situations différentes et surtout que ma timidité n’était pas si insurmontable… Au Brésil, j’ai laissé tomber les barrières, je me suis ouverte aux autres, j’ai fait des rencontres qui m’ont changé et la bonne humeur brésilienne m’a beaucoup aidé quand j’avais des petites baisses de moral.

Autant au Brésil qu’en Inde, d’être confrontée à de nouvelles réalités très différentes de celles de la France m’a appris à relativiser sur beaucoup de choses et à me rendre compte que finalement on a besoin de peu de choses pour être heureux…
Puis l’Inde m’a aidé à faire plus attention à moi, dans le sens où je reste une étrangère dans un pays qui n’est pas le mien, je dois m’adapter à la culture, aux habitudes. Je suis partie en Inde sans vraie préparation au choc culturel et je l’ai appris à mes dépends sur place, mais ça m’a servi de leçon pour mes autres expériences.

Ta vision du pays a-t-elle changée entre avant et après ton passage en volontariat ?
En ce qui concerne le Brésil, j’avais une image à double facette : celle de la fête, de la plage, du soleil, puis celle de la pauvreté et de la violence. En fait, celle que beaucoup de gens ont d’après les médias… Mais avoir vécu plusieurs fois dans cet immense pays m’a permis d’approfondir ces images, d’aller au-delà et de mieux comprendre les réalités sociales, politiques, économiques.

Pour l’Inde, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, je ne m’étais pas vraiment documentée avant mon départ… Mais mon expérience a confirmé l’image d’un pays immense aux mille facettes, linguistiques, culturelles, etc., mais aussi aux traditions mystérieuses.

Aurais-tu des conseils, bons plans à donner à ceux qui aimeraient faire comme toi ?
Oser saisir les chances qui se présentent, et parfois les provoquer un peu… C’est très abstrait mais en fait, je me rends compte que c’est ce qui s’est passé pour ces 2 expériences de volontariat… Par contre, il est bien sûr préférable de ne pas trop partir à l’aveugle dans n’importe qu’elle association, échanger d’abord un peu avec le responsable au sujet du travail de l’association, des tâches à réaliser, des conditions de vie sur place, etc.
Aujourd’hui, il existe beaucoup de sites qui proposent des volontariats contre une contribution financière de la part du volontaire, ce qui m’a toujours semblé contradictoire. Privilégier plutôt les plateformes françaises d’envoi de volontaires comme France Volontaires, le Service de Coopération au Développement.

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La suite du parcours trépidant de Gaëlle prochainement…sous le soleil du maroc et au tchad

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