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Après mon PVT – Difficile de revenir en France ?

J’avais déjà fait un premier bilan de mon retour de Nouvelle-Zélande il y a quelques mois. Ces deux mois passés, le retour en France et la reprise d’un rythme de vie plus “quotidien” me font réaliser que ce retour est parfois bien plus difficile que ce que j’aurais pu m’imaginer !


– J’ai changé –

Je le savais déjà lorsque je suis revenue de mes 14 mois à l’étranger : j’ai changé. J’ai appris à vivre de l’essentiel, et aujourd’hui beaucoup de situations et de personnes me paraissent dans le superflu. Nous vivons dans une société où l’apparence et le confort personnel sont des éléments majeurs. Après avoir vécu 8 mois entre mon Van aménagé et des chambres plus ou moins spartiates (en volontariat), j’ai conscience que le confort n’est pas la clé du bonheur. Évidemment j’ai été très heureuse de retrouver un lit chaud et d’avoir une douche chaque matin, on s’habitue vite au luxe héhé ! Malgré tout, rien de tout cela n’est plus essentiel à mes yeux.

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Je me suis découvert un intérêt pour l’environnement et la situation des expatriés. Avant, je ne me mettais pas à la place des autres. Ayant été moi même expatriée, ayant vécu dans un pays qui n’est pas le mien, j’ai saisi la difficulté qu’on peut avoir à s’intégrer. Il m’est arrivée d’être victime de racisme en Nouvelle-Zélande, car le kiwi ne s’adresse qu’aux kiwis et pas aux étrangers (ce n’est heureusement pas le cas de la grande majorité). J’ai plus conscience du travail à effectuer pour s’intéresser à la culture locale, à en apprendre les codes et à s’adapter à son milieu. Malheureusement je me rend compte que depuis mon retour, autour de moi tout le monde n’a pas cette vision des choses.

Je me suis aussi plus impliquée dans la conservation de l’environnement. Ce sont des petits gestes, des choses simples, mais qui ne correspondent pas à notre quotidien d’occidentaux hyper-équipés. Je refuse les sacs en plastique que les vendeurs me proposent systématiquement dans chaque magasin, je fais attention à ma consommation d’eau, j’essaye de consommer local (ce n’est pas toujours le plus évident !), je m’exerce à produire moins de déchets…Je sais que mes actions ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan, mais c’est déjà mieux que de ne rien faire. Ce comportement a plus ou moins surpris mon entourage. Je relève beaucoup de petits détails du quotidien qui pour moi me semble fous, mais qui pour les autres ne font que résulter de leurs habitudes quotidiennes.
Par exemple : pour me démaquiller j’utilise des cotons réutilisables. Mon entourage utilise des paquets de coton normaux avec une seule utilisation. La quantité de déchets produits me rend folle, mais pour mon entourage c’est juste “habituel” !

Mon observation globale, c’est que peu de gens sont au final prêts à sortir de leur zone de confort. Que ce soit pour modifier ces petites habitudes ou pour s’intéresser à ce qu’ils ignorent. Il m’est vraiment difficile de me faire comprendre…mais je ne tente pas non plus de raisonner les autres ou de dire que j’ai raison !

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– Le contrecoup –

La résultante de tout cela, c’est qu’au retour d’un long voyage à l’étranger on est plus vraiment comme les autres. Seuls mes proches qui ont voyagé (ou qui sont venus me voir en Nouvelle-Zélande) peuvent comprendre ce sentiment de solitude.
J’ai eu quelques sérieux coups de bad les semaines qui ont suivi mon retour. Passer d’un séjour exceptionnel au Japon à la campagne vide de Beauce, ça fiche un coup au moral ! Passé l’euphorie de retrouver sa famille et ses amis, c’est le contrecoup du retour. D’autant plus que je n’avais pas d’hébergement au retour, j’ai donc vécu chez mes beaux-parents. Vivre chez des gens qui ne sont pas notre famille et qui ne comprennent pas votre vision des choses, ça en rajoute à la douleur d’avoir abandonné une vie de voyage et d’aventures. J’ai eu beau relativiser en me disant que ce n’était qu’un moment difficile à passer et que je retrouverai rapidement un emploi et un “chez moi”, cela ne m’a pas empêchée de déprimer. Je revoyais en boucle dans ma tête les images des montagnes de Nouvelle-Zélande, les temples du Japon et la plage de Malaisie. Puis avec le temps, les images s’estompent et les priorités du quotidien reprennent le dessus. Je me suis donnée à fond dans mes recherches de travail, comme m’empêcher de rêver à d’autres horizons.

– Le recommencement –

Cette période de transition entre le moment où on rentre de l’étranger et où on recommence une vie “posée” (avec son travail et son nouveau chez soi) est de loin le plus austère. Mon compagnon et moi avons prit le parti de ne pas repartir à l’étranger dans l’immédiat. Même si la graine du voyage est plantée depuis longtemps en nous, nous avons d’autres projets qui demandent du temps à se mettre en place. D’ici là, quelques années doivent s’écouler en France. Puisqu’on ne peut clairement pas vivre d’amour et d’eau fraîche dans notre beau pays, il faut bien se trouver un emploi et retourner dans la société ! Non pas que cela me déplaise, car j’aime voyager, mais j’aime aussi le confort d’un chez soi, ma petite bulle d’intimité !

C’est donc le moment de la renaissance. Il faut recommencer sa vie à zéro : trouver un travail, acheter une voiture, déménager dans un nouveau logement. C’est beaucoup de démarches et ça prend du temps. Évidemment, dès le premier jour où nous avons mit les pieds en territoire Français, nous étions déjà impatients de reprendre notre petite vie. Ça ne se fait pas comme ça ! L’attente est parfois longue, surtout quand on vit dans un village paumé au milieu de nulle part ! Je me sens parfois un peu décalée par rapport aux gens de mon âge. Mon entourage prévoit de devenir propriétaire, d’avoir des enfants, a des évolutions professionnelles…Moi je repars à zéro, partant avec mon bagage de voyageuse et ma volonté de bien faire !

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– En finalité –

Je savais pertinemment que mon retour de l’étranger serait difficile. Et j’ai de la chance car j’ai voyagé en couple. Les coups de bad, les moments de nostalgie, on peut les partager à deux ! Ce n’est pas la première fois que je reviens d’une expatriation mais avant j’étais seule, et je me rend compte de l’intérêt partager ses ressentiments avec quelqu’un. Le retour est heureux lorsqu’on retrouve ses proches, le fromage et le pain ! Ceux qui ont la chance de reprendre un travail ou de retrouver leur maison n’ont sûrement pas autant de difficultés que moi à retourner à une vie “normale”. Nous avons en commun d’avoir changé intérieurement, et l’on s’en rend encore plus compte lorsque les autres, eux, n’ont pas changé.

Aujourd’hui ma situation a bien évolué, et je viens de m’installer dans mon nouvel appartement afin de débuter mon nouvel emploi. Le voyage fait bien évidemment partie de l’équation de ma vie. Ce n’est pas une passion qui s’efface si facilement ! Seul le temps et la reprise d’un quotidien fera doucement passer de la tristesse à une douce nostalgie. Tant que j’en ai conscience, je peux aller de l’avant et rêver à mes futures pérégrinations !

Je ne pense pas être la seule à ressentir tout ça ! Et vous, comment avez-vous vécu votre retour de l’étranger ?


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10 réflexions sur “Après mon PVT – Difficile de revenir en France ?

  1. Amandine dit :

    Merci pour ces mots. Je vis comme toi un retour de l’etranger, d’un an au Canada. Cela fait maintenant 6 mois et il y a des phases. Des hauts et des bas. A la différence de toi je suis seule et j’ai réellement ressenti cette difficulté de ne pas toujours trouver une oreille compréhensive. Les premières semaines l’entourage comprend les coups de blues mais plus ça va plus tu es censé avoir « repris ta vie » . Hors c’est plus complexe que ça. Je suis rentrée en ayant déjà un travail en France, je ne suis donc pas passée par cette étape de vide professionnel mais par un vide personnel oui. J’ai commencé un travail dans une ville que je ne connais pas, ou je ne connais quasiment personne. Et c’etait un challenge de plus dans ce retour. A plusieurs reprises je me suis demandée pourquoi j’ vais choisi ça. Mais finalement tout redémarrer de zéro a ses avantages même si c’est loin d’etre évident.
    Mon retour était choisi, réfléchi. J’ai toujours autant cette envie de voyager mais maintenant différemment. Comme toi j’avais envie de retrouver des repères, un chez moi. Mais avant ce retour on ne connaît pas le sentiment de solitude qui peut nous envahir une fois l’euphorie des retrouvailles passée ( et même en ayant voyagé en sac à dos toute seule ! Oui oui !) Une fois que l’on s’apercoit que les copains deviennent propriétaire, sont bien dans leur vie de couple et pensent aux bébés. Que le stade de vie dans lequel tu es toi au retour n’est plus totalement en phase avec le leur. Finalement de m’obliger à rencontrer du monde à mon retour m’a permis de me créer un nouveau cercle, de voir que d’autres personnes peuvent avoir une autre vie au même âge que moi, que j’ai encore le temps pour ces projets là, que je peux bien vivre cette solitude et que l’horizon est bel et bien ouvert. Mais il faut surtout du temps pour se rendre compte de tout ça. Ça fait 6 mois et je commence à en voir le positif. J’ai retrouvé certaines passions que j’avais du mettre de côté pendant mon année d’expat. J’ai réalisé d’autres rêves, d’autres envies. J’ai plus de souhait de choses simples, proche de chez moi mais tout aussi agréables.
    Je n’avais rien anticipé de tout cela mais finalement j’ai presque envie de dire heureusement ? J’ai profité jusqu’au dernier instant de mônvoyage, sans m’inquieter de l’après. Alors oui le voyage m’a changé mais je crois que c’est Surtout le retour qui me révèle qui je suis, qui je veux être, en alliant au mieux celle que j’etais Et celle que je deviens.

    • Nasei dit :

      Merci pour ton commentaire ! Le fait de revenir est facile, mais c’est le choix qu’on doit faire ensuite qui l’est moins : rester ou repartir ? D’après les impressions générales des expatriés qui ont répondu à cet article j’ai bien le sentiment qu’on est nombreux à ne pas trouver notre place au retour. Cela prend du temps !

  2. Elvire dit :

    Que cet article me parle ! Je rentre d’un an de PVT en Nouvelle Zélande et le retour est très rude. Déjà car je n’étais pas censé rentrée aussi tôt- je devais partir en Australie pour un an mais des problèmes de passeport m’ont obligé à retarder ce projet. Alors bien sûr j’étais heureuse de revoir tous mes proches qui ne s’attendaient pas à me voir revenir si tôt mais après le délice des retrouvailles et lorsque ton corps n’a plus les effets du jet lag, se pose la question « bon qu’est-ce que je fais maintenant ? » Revenir chez ses parents après un an à enchainer les colocs, nuits en camping ou en woofing sonne un peu comme un retour en arrière. J’ai changé je le sens et mes proches le sentent aussi et je me sens vraiment en décalage. Alors bien sûr, j’ai toujours le projet de partir en Australie car j’ai un visa PVT et je profite en attendant de ces moments en famille, des plats gastronomiques qui m’ont bien manqué. Mais c’est dur d’attendre car je ne peux m’empêcher de me dire : est-ce que je dois travailler en attendant ? Et si j’ai une opportunité de CDI ? Je ne peux pas cotiser pour ma retraite ? » C’est dur, très dur ce retour !

    • Nasei dit :

      C’est très bien que tu aies un nouveau projet après ton retour de Nouvelle-Zélande ! Cela te donne un objectif à atteindre et cela doit être moins difficile de te projeter dans ton avenir. Bon voyage à toi en Australie 😉

  3. Ozpopo dit :

    Merci pour ton article ! Je suis partie 16 mois en vadrouille, en solo, en toute liberté et sans contrainte. Je suis rentrée en juin 2017, J’ai retrouvé mon boulot comme prevu, plusieurs mois chez maman pour se remettre à flots… après la joie des retrouvailles, je me sens souvent en décalage avec les gens, que je trouve assez fermés, ils ne voient que Le modèle de vie que la société nous inculque, ne pensent pas à une vie différente. Le plus dur est de passer 8h par jour enfermée dans un bureau à me dire que je ne veux pas être la ! J’ai eu besoin d’avoir un chez moi aussi, car entre les domiciles de ma mère et de mon Chéri, je ne trouvais pas ma place. Je viens de m’installer avec lui, et on attend d’être tirés au sort pour partir au Canada. De supers projets qui me font tenir heureusement !

    • Nasei dit :

      Je connais cette sensation de se sentir enfermée au travail alors qu’on a passé plusieurs mois à crapahuter dehors sans ressentir le besoin d’avoir un toit sur la tête ! Toi aussi tu as des projets d’avenir, et à deux en plus, cela permet de mieux tenir le coup !

  4. Emeline dit :

    Comme je comprends ce que tu ressens. Je suis rentrée début novembre de 14mois de voyage dont 1 an en Nouvelle-Zélande et…. C’est très dur. Le décalage entre mon entourage et moi est plus que jamais frappant, je me sens vraiment seule chez mes parents, personne dans mon entourage ne réalise vraiment ce que je peux ressentir. Personne avec qui avoir un vrai et sincère échange autour du voyage, à croire que ça ne fait rêver que moi! Ah ah
    Le plus dur dans tout ça, c’est qu’après avoir vécu tous ces souvenirs avec mon copain, on se retrouve désormais séparés par 400km, chacun dans sa famille, une situation très compliquée à gérer mais heureusement seulement transitoire, dans l’attente de repartir. On vient d’avoir notre visa pour le Canada 😁
    Et puis il n’y a pas un jour où je ne pense pas aux merveilleuses personnes rencontrées, où mes playlist me rendent nostalgique, … quand je pense à tous ces moments passés en Polynésie, au Japon, à Bali, en Australie, en Thaïlande ou encore à Singapour ou en Malaisie je n’ai qu’une envie… REPARTIR! Dur dur

    • Nasei dit :

      On se comprend totalement ! J’espère que tu trouveras ton bonheur dans cette nouvelle aventure au Canada, c’est un pays plein de promesses d’explorations 😉

  5. Minuccia dit :

    Je lis ça avec ça intérêt car je n’ai jamais compris ce sentiment.
    J’ai toujours beaucoup bougé. Parce que je voulais voir du pays donc je suis partie de France, mon point de départ et j’ai trouvé emploi et logement dans les pays que je voulais voir et comprendre.
    Italie Allemagne Brésil usa Canada Inde cambodge etc.
    Revenir pour moi ça veut dire qu’il y a un attachement à quelque chose. Revenir en France pourquoi alors si cela rend si triste certain expat ?

    Comme tu le dis, on change. Pas que en voyage. On change tout simplement enfin j’espère. On apprend on evolue on s’instruit.
    Je voyage seule parce que je suis seule et j’aime ça.
    Mon chez moi il est là où je me trouve. Que ce soit dans un hôtel miteux ou 5*, dans un camping où au milieu de nul part, chez ma mère ou dans un appart. Que ce soit pour une nuit ou pour 6mois (c’est mon max dans le même lieu depuis 20 maintenant).

    C’est peut être moi qui suis trop radicale ou stupide mais je ne comprends pas ces états d’âmes de « retour » car si l’on parle de retour cela veut dire que l’on savait qu’on reviendrait.

    Actuellement je suis en voyage vélo pour un an avec un ami, je sais donc que nous sommes partis de France en décembre 2017 et que nous serons en France en janvier 2019.

    Mon ami lui retrouve son emploi et son appart. Moi, je n’ai rien donc je ne retrouve jamais rien.
    J’irai voir mes parents comme tjs pour faire coucou mais après je verrai. J’ai une idée du pays où je veux aller et je chercherai du boulot là bas. En fait je me sens vraiment habitant du monde et pas française autrement que ma nationalité que j’adore. Je veux dire que je suis la même aboslument partout et que je n’ai pas d’attachement à un état de vie. Ok quand j’ai un job qui paye mal je râle parce que je voudrais vivre et non survivre mais bon je suis pas sous les bombes et c’est déjà une grande chance donc tout va bien et rien n’est immuable. C’est comme ça que je fonctionne. C’est mon bonheur à moi mais ok ok ça m’empêche pas pas de déprimer parfois, souvent même. Mais je ne déprime pas que en France. Je déprime aussi en « voyage » et n’importe ou. C’est une maladie et ça c’est un autre sujet 😉

    Enfin contente d’avoir découvert ton blog, qui plus est sur ce sujet qui m’est difficile à comprendre.

    Pour ce qui est de ton implication écologique je dis bravo 🙂 moi je suis zéro déchet

    • Nasei dit :

      Merci Miuccia pour ta réponse. J’ai effectivement cette notion de retour car je savais que je rentrerai en France. Non pas que j’y resterai maintenant à vie, mais j’ai besoin de temps pour mes projets futurs. Si tu as trouvé ta voie dans le voyage permanent et l’exploration alors bravo à toi, tu as trouvé la voie de ton bonheur !

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