Oamaru

Une année d’exploration de la Nouvelle-Zélande, par Céline

Encore une fois c’est la Nouvelle-Zélande, destination star de Valise Volante qui est racontée dans cet article. Passionnante histoire que celle de Céline, qui est partie seule à l’aventure pour son premier voyage en solo à l’autre bout du monde.
Elle ne s’en est pas lassée puisqu’elle est encore aujourd’hui en Visa vacances travail, à Taïwan…mais vous en saurez plus lors d’un prochain article 😉


Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Céline, j’ai 31 ans. Je suis originaire d’Alsace. Après des études de lettres et de librairie, j’ai travaillé 5 ans au rayon bande-dessinée du Virgin de Strasbourg (jusqu’à sa fermeture en fait) puis après du chômage, de l’incertitude, une formation d’agent de voyages qui ne m’a pas complètement convaincue, je suis partie en PVT en Nouvelle-Zélande à 28 ans. A 30 ans, je repartais en PVT pour Taiwan : il faut croire que j’y ai pris goût !

Northland

Pourquoi as-tu choisi de partir en PVT NZ ?
Cela faisait des années que je rêvais de partir à l’étranger pour une longue durée, mais je n’ai jamais osé. Et puis à un moment tu as un boulot stable, des amoureux, et ça se fait pas vraiment de tout envoyer en l’air. Finalement, j’ai subi un licenciement économique (merci Virgin Megastore), des ruptures douloureuses, et une bonne dose d’incertitude durant mon chômage. J’étais en reconversion pour devenir agent de voyage, et finalement, ça m’a frappée : j’étais vraiment libre à ce moment de ma vie, et il était temps de réaliser quelques rêves au passage. J’ai pensé à l’Australie tout d’abord (qui m’a toujours fascinée depuis Bernard & Bianca au pays des kangourous et Hartley Cœurs à vif -non non rigole pas, c’est vrai !), et puis finalement j’ai eu un guide de Nouvelle-Zélande entre les mains pendant ma formation d’agent de voyages, et ça a été le déclic. Je suis une fille de la ville, mais justement je ressentais vraiment le besoin d’aller voir de grands espaces, de me perdre en forêt, de m’essayer à la randonnée. La Nouvelle-Zélande, ça me semblait parfait, sans compter que le fait que ce soit à l’autre bout de la Terre, ça rend les choses carrément plus excitantes. J’ai vendu mes affaires, ma voiture, j’ai quitté mon appartement et je suis partie.

Avais-tu déjà voyagé seule (ou expatriée) avant ce voyage ?
Je voyageais pas mal dans des capitales européennes avant (merci Easy Jet !) mais souvent accompagnée de mes amies ou de mes amoureux. J’avais jamais vraiment voyagé toute seule, et clairement, c’est ce qui m’inquiétait le plus quand je suis partie : et ça n’arrangeait pas mes peurs que les gens autour de moi me demandent ‘mais pourquoi tu y vas toute seule ?’ ‘t’as pas peur ?’ J’avais une trouille bleue, mais je savais que je voulais faire l’expérience de quelque chose d’unique, écrire un chapitre de mon histoire pour moi-même, par moi-même.

Quel fût ton parcours en une année ?
Un parcours assez typique en fait ! C’était le début de l’hiver quand je suis arrivée, donc je suis restée sur l’Île du Nord à enchaîner plusieurs HelpX (à Hahei, à Opua, à Kerikeri, à Napier) et quelques road trips (Northland, Rotorua, Taupo, Wellington) avec des gens rencontrés en route. Puis je suis descendue sur l’Île du Sud, où j’ai fait quelques HelpX aussi (Oamaru, Stewart Island) et j’ai développé mon assurance en autostop. Puis je me suis finalement installée à Te Anau pour trois mois, d’abord à la plonge dans un restaurant puis au supermarché Fresh Choice du coin, au rayon fruits et légumes. J’ai fait quelques Great Walks sur l’Île du Sud (Abel Tasman, Kepler Track & Routeburn Track). Avec l’argent que j’ai gagné, je suis partie 3 semaines à Bali, puis j’ai continué à explorer l’Île du Sud, pour finalement revenir sur l’Île du Nord pour un dernier road trip aux alentours de Taranaki et deux derniers Helpx (Auckland et Russel). Je suis encore surprise aujourd’hui de mieux connaître la géographie de la Nouvelle-Zélande que celle de la France !

Oamaru

Comment as-tu trouvé tes emplois ? et tes volontariats ?
J’ai fait beaucoup plus de volontariats que de boulots payés, principalement grâce à HelpX. Il y a vraiment beaucoup d’annonces pour le volontariat en Nouvelle-Zélande, et parfois j’arrivais même à trouver des volontariats en dernière minute. Il y a juste pour le volontariat de Stewart Island où j’ai dû postuler à l’avance.
Pour mes emplois, j’ai été pistonnée par une française que j’avais brièvement rencontré à Stewart Island justement, qui faisait la plonge dans un restaurant de Te Anau, ils cherchaient d’autres plongeurs au moment où je cherchais à me faire un peu d’argent et à peine arrivée à Te Anau, j’ai été embauchée. Mais ça m’a vite fait déchanter, la plonge, et j’ai écumé les petites annonces de jobs sur le panneau d’affichage du Fresh Choice d’à-côté, jusqu’à voir une annonce d’embauche pour le supermarché en question. J’ai passé un entretien très agréable et j’ai été embauchée au rayon fruits et légumes ! Je pouvais faire plus d’heures par semaine aussi avec le nightfill, le réapprovisionnement des rayons après la fermeture, ce qui me faisait tourner à 50h/semaine en moyenne, de quoi renflouer mes comptes.

Y a t’il des lieux qui t’ont plus marquée ?
Te Anau, sur l’île du Sud, sans hésitations. Comme j’y travaillais, j’ai pu louer une chambre dans une maison : ma propre chambre, bordel ! J’avais pas dormi seule depuis une éternité, j’avais pas eu autant d’espace dans une pièce depuis que j’avais quitté la France ! J’ai étalé mes affaires au sol, et je me suis installée dans une petite routine tranquille près du lac, pour toute la saison estivale. J’y ai rencontré des gens formidables, locaux, expatriés et voyageurs. J’y ai fait ma première randonnée solo de plusieurs jours sur le Kepler Track, et le lever de soleil depuis Luxmore Hut restera gravé pour toujours dans ma rétine. Le Fiordland est une région vraiment superbe, avec ses lacs, ses montagnes et ses fjords, j’ai adoré vivre dans un endroit pareil et j’ai quitté Te Anau avec des grosses larmes sur les joues.
J’ai aussi beaucoup aimé vivre sur la petite île de Stewart Island pendant un mois, et j’y ai vu ma première aurore australe pour le Nouvel-An ! L’île est très sauvage aussi, il y a beaucoup de forêts et d’espèces d’oiseaux endémiques d’oiseaux. J’ai aussi adoré Oamaru et ses pingouins, et la région sauvage des Catlins qui est parfaite pour un roadtrip.

Pour l’île du Nord, j’ai eu un coup de cœur pour Napier, son architecture Art-Déco et sa côte ensoleillée. Et je suis tombée sous le charme de toute la région du Northland. J’y suis retournée pas moins de 3 fois durant mon séjour, il y a vraiment une atmosphère particulière qui se dégage de Cape Reinga, le point le plus au nord de l’île.
Et évidemment Hobbiton a fait son petit effet… Pour le coup, on se sent vraiment immergé dans le film, on s’attend presque à voir débarquer Bilbo et ses potes. Les détails sont vraiment soignés autour des petites maisons, c’est un vrai monde imaginaire qui prend vie !

Hobbiton

Des rencontres fortes ?
Mais tellement ! TELLEMENT ! Évidemment, même si je voulais les éviter, j’ai rencontré beaucoup de Français avec lesquels je suis encore en contact aujourd’hui, certains étant devenus mes meilleurs amis avec le temps. Il y a aussi eu cette bande de Mexicains avec qui je travaillais à Te Anau, qui ont illuminé mes journées. Ces quelques garçons croisés qui ont fait battre mon cœur. Mes amis de Hahei. Mes amis de Napier. Mes amis de Stewart Island. Les gens qui m’ont prise en stop, ceux que j’ai rencontré l’espace d’une soirée à peine, ceux croisés en randonnée. C’est incroyable lorsque l’on voyage seule, à quel point chaque petite rencontre possède une force énorme.

As-tu une anecdote amusante à nous raconter ?
Tu veux celle où j’ai dormi dans une ancienne prison à Napier ? Ou celle où j’ai randonné le Routeburn Track en une seule journée sous la pluie ? Ou bien le jour où je me suis perdue dans les dunes de sable de Cape Reinga ?
Bon, je peux te raconter le jour où je suis tombée d’un bateau, puisque ça a eu lieu même pas deux mois après que je sois arrivée en Nouvelle-Zélande. J’allais faire un volontariat avec une famille qui vivait sur un bateau, dans le port d’Opua, où je devais m’occuper du ménage, et faire un peu de cuisine. Ça m’excitait terriblement cette histoire de vivre sur un bateau, sachant que j’adore prendre le bateau, la mer tout ça… Mais bon, je vivais en Alsace donc la mer, les bateaux, c’est pas ce qu’il y a de plus commun.
Le premier jour, le père de famille vient me chercher à l’arrêt de bus, je suis bardée de mes affaires, et nous devons prendre le petit bateau à moteur pour aller jusqu’au bateau où ils vivaient. Jusque là tout va bien, même si je sens que mon équilibre foireux me joue un peu des tours. Arrivés au bateau familial, il faut sauter de l’un à l’autre, pas un grand saut, hein, mais quand même. Le père embarque mon gros backpack, et je me retrouve avec mon plus petit backpack, contenant mon ordinateur, mon appareil photo, mon portable. Je le sens moyen, mais je me lance… Et je manque la marche. J’essaie de stabiliser mes jambes à moitié dans le bateau à moteur, mais celui-ci dérive, jusqu’à ce que je fasse une espèce de grand écart avec mes jambes sur le rebord du bateau à moteur qui s’éloigne et mes bras accrochés à la rambarde du bateau familial. C’est mort, je vais tomber. Le père de famille a juste le temps d’attraper le backpack que j’ai sur le dos, pour finalement me dire de me laisser tomber à la flotte : j’aurais une meilleure prise après.
Et me voilà, toute habillée, dans la mer bien froide d’hiver, à essayer de remonter sur le bateau. Le père est effaré, les gosses aussi… Mais moi j’éclate de rire. Ils se joignent à moi au final, rassurés que j’aille bien. On en a ri toute la semaine, et les enfants ont par la suite essayé de m’apprendre à mieux gérer mon équilibre sur le bateau. Je me rappelle encore mes pensées dans la flotte : bravo Céline, finalement t’as beau avoir pris un avion pour l’autre bout du monde, t’es quand même une baroudeuse en carton !

Stewart Island

Que penses-tu de la culture Néo-Zélandaise ?
La culture Néo-Zélandaise n’est vraiment riche que du point de vue de la culture Maorie. Entre les chants, les traditions, la langue, les habits traditionnels et l’art, c’est une culture merveilleuse à découvrir. Pour le reste, il y a peu de dépaysement, la culture Néo-Zélandaise est très anglo-saxonne, donc au niveau culinaire ça ne vole pas très haut (même si j’ai adoré me gaver de cookies, de pancakes, de carrot cakes et autres délices sucrés), et les quelques sites architecturaux intéressants en dehors des maraes, sont très proches de l’architecture européenne – en moins impressionnant. Sinon, j’ai trouvé les Néo-Zélandais très ouverts, drôles et décontractés. Ce sont des gens qui aiment les grands espaces et la nature, et qui sont très attachés à leur pays.

As-tu voyagé ailleurs qu’en NZ au cours de ton PVT ?
Oui, 3 fois ! Je suis partie au Japon juste avant mon PVT, pendant une dizaine de jours où j’ai exploré Tokyo, Matsumoto et Kyoto. Mais c’était vraiment trop court ! Je rêvais de Japon depuis que j’étais petite mais j’étais inquiète avec la barrière de la langue et de la culture. Finalement je serais bien restée plus longtemps (ce que j’ai réalisé par la suite puisque je suis retournée 2 fois au Japon depuis dont un mois à Kyoto !)
Pendant mon PVT je suis partie un mois à Bali avec des amies rencontrées en Nouvelle-Zélande. J’y ai fait le tour de l’île et j’ai enfin passé mon PADI Open Water à Amed, une région de petits villages côtiers à l’Est de l’île, célèbre pour ses fonds marins.
Et à la fin de mon PVT j’ai passé une semaine à Singapour avant de rentrer à la maison : j’avais rencontré une Singapourienne à Stewart Island et je voulais aller lui rendre visite. Je n’ai pas été déçue ! La nourriture est délicieuse, et quand bien même c’était un peu difficile de s’adapter à cette grosse mégalopole après avoir passé un an dans un pays où il y a plus de moutons que d’habitants, j’ai découvert de super coins, notamment Garden By The Bay et l’immense Jardin Botanique.

As-tu changé depuis ce PVT ? Qu’as tu appris ?
Je ne pense pas que j’ai fondamentalement changé, disons plutôt que j’ai évolué.
Je me connais mieux, j’ai vécu beaucoup d’expériences enrichissantes, j’ai repoussé mes limites. Je me rapproche de la personne que je suis vraiment au fond. Ça donne une liberté incroyable d’être seul, finalement. Il n’y a pas la pression de la société, de sa famille, de ses proches : il n’y a pas de jugement. J’ai pu faire des erreurs, et les assumer. J’ai pu tenter des expériences que j’aurais jamais pensé faites pour moi. Je me suis découverte folle de nature, de montagne, de grands espaces. J’ai fait l’expérience de la générosité en faisant du Couchsurfing, de l’auto-stop, du volontariat : j’ai appris l’importance de la bienveillance. J’ai rencontré des gens avec des vies radicalement différentes de la mienne qui m’ont inspiré. J’ai aussi appris à m’écouter, à suivre mes intuitions, à me pardonner.

Te Anau

Aurais-tu des conseils, bons plans, à donner aux lecteurs de Valise Volante qui souhaiteraient suivre ton exemple ?
Fonce ! Mais avec un backpack léger. C’est la malédiction du voyageur, ça, trouver les meilleurs compromis en termes de choses à emmener. Honnêtement, 5 culottes maxi, ça suffit. Et t’as pas besoin d’autant de médicaments. Il y a des pharmacies dans chaque ville en Nouvelle-Zélande.
Et si ton niveau d’Anglais est suffisant, tu peux chercher d’autres types de jobs que ceux dans les restaurants et les fermes : j’ai vraiment adoré mon expérience au supermarché !
Et sinon, faire de l’auto stop est super facile, et bien répandu, donc c’est l’endroit parfait pour tenter sa première expérience d’autostoppeur !

Suivez Céline sur son blog « Wildside Pixtache », sur Instagram

Ou bien sur la page Facebook Wildside pixtache


Plus de news et de témoignages de voyageurs SUR LE FACEBOOK,TWITTER ET INSTAGRAM DE VALISE VOLANTE !

2 réflexions sur “Une année d’exploration de la Nouvelle-Zélande, par Céline

  1. Aurore dit :

    C’est rigolo ça, je bosse en ce moment même dans un supermarché, fresh choice, à… Te Anau. Le monde est petit! Très beau récit, je m’y reconnais beaucoup dans ces quelques lignes. Bonne continuation!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *