expérience de travail à prague professeur FLE expatrié

Vie de professeur expariée, par Sophie – part.1 PRAGUE

Cette semaine nous débutons une nouvelle série autour du parcours de Sophie. Serial expat, c’est par Prague qu’elle nous emmène d’abord pour son premier pays d’adoption. Une histoire de vie passionnante à dévorer sans retenue 🙂


Sophie, peux tu te présenter ?
Graphiste de formation, je suis désormais prof de FLE (français langue étrangère) depuis plus de 18 ans maintenant. Expatriée au long cours et voyageuse passionnée, je cumule 17 ans au total d’expatriations diverses et variées dont 14 années passées non-stop hors de France.

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Pourquoi avoir choisi de vivre à Prague ?
J’ai découvert Prague lors d’un premier voyage durant les vacances de Pâques 1994 et j’ai eu un vrai coup de foudre pour cette ville. J’ai été immédiatement séduite par son architecture, son atmosphère et sa langue que j’ai eue, très rapidement, envie d’apprendre. Donc durant l’été j’ai décidé de prendre un mois de cours intensif de tchèque à l’université Charles de Prague. Et c’est durant ce séjour que l’envie de venir vivre une année dans ce pays, s’est précisée.
A l’époque j’habitais à Toulouse et je travaillais comme graphiste free-lance, j’étais donc libre de quitter la France et mon job quand je le souhaitais. Et tout s’est mis en place tellement vite et si facilement que c’en était presque incroyable.
Et en octobre 1994, je m’installais dans la capitale tchèque y ayant trouvé un poste de graphiste pour un magazine économique édité par un Français et rédigé en anglais et tchèque.
Et ce séjour qui ne devait durer qu’une année s’est prolongé et je suis finalement restée trois ans à Prague.

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Comment as-tu vécu la situation économique et politique du pays (en 1994) ?
Vivre dans un pays d’ex-Europe de l’est si peu de temps après la chute du Mur et encore en pleine guerre d’ex-Yougoslavie, ça semblait complètement surréaliste pour mon entourage et surtout extrêmement dangereux ! Nous autres, qui avions grandi à « l’Ouest », nous avions une telle méconnaissance de cette Europe-là !
Il m’a fallu m’adapter non pas tellement à un changement radical de culture, mais plutôt à un changement total de mentalité et de système. Dans les administrations, les services publics, tout était encore empreint de l’ancien système communiste. Là j’ai commencé à apprendre la patience…

As-tu des anecdotes à nous raconter sur ta vie à Prague ?
Après ce premier job trouvé rapidement, j’ai changé de travail pour une agence allemande de communication et là j’avais un salaire qui m’assurait un bon niveau de vie en République tchèque, donc mon quotidien était relativement facile. Cela dit, les premiers mois, la barrière de la langue était souvent un obstacle. Mais parfois ça donnait lieu à des situations cocasses… comme par exemple, le jour où j’ai voulu cuisiner une spécialité locale à une amie venue me rendre visite. Très fière de mois, j’avais acheté tous les ingrédients pour lui préparer un « gulaš y knedliky », mais n’ayant pas tout compris de l’étiquette, j’avais acheté des knedliky sucrées fourrées à la confiture… avec le ragoût de bœuf c’était plus qu’inattendu !

Et puis en vivant dans un quartier populaire à 20 minutes du centre ville, j’ai découvert une vie communautaire où les voisins s’entraident et partagent beaucoup de choses. Par exemple, ma voisine m’offrait régulièrement des fleurs du jardin commun de notre petit immeuble.
Mais ces trois années passées à Prague m’ont surtout appris à relativiser, à sortir des vieux schémas typiquement français qui font qu’on râle pour un rien et à réaliser la chance d’être née en France où finalement nous avons accès à tout plus ou moins facilement. Et puis vivre dans un pays étranger dont il faut apprendre la langue, ça m’a obligée à sortir de mes habitudes pour aller vers les autres, aller véritablement à leur rencontre, car apprendre une langue c’est aussi apprendre une nouvelle culture. Et j’ai découvert que j’adorais ça ! Bref, ça m’a appris à comprendre ce que c’est qu’être une étrangère.

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Qu’as-tu fait après tes 3 ans à Prague ?
De retour en France, quand j’ai vu dans le journal de ma commune qu’une association cherchait des bénévoles pour donner des cours de français, je n’ai pas hésité, je me suis tout de suite proposée, car je venais d’être confrontée à cette situation de non maîtrise de la langue du pays dans lequel j’avais vécu. En plus là il s’agissait d’enseigner à des immigrés et notamment à des réfugiés venus d’ex-Yougoslavie donc cela me touchait d’autant plus. Au fil des mois en donnant ces cours, je me suis rendue compte que là j’étais vraiment utile, bien plus quand dans mon métier de graphiste. Alors quand l’occasion s’est présentée, je suis repartie un an sur les bancs de la fac et j’ai fait un cursus de spécialisation en illettrisme et alphabétisation. Et à la fin de cette année d’étude, j’ai changé de métier pour devenir formatrice dans ce domaine.

Qu’est ce qui ‘as finalement fait repartir vivre à l’étranger après cette formation ?
Puis c’est une rencontre amoureuse qui m’a fait repartir à l’étranger, mais cette fois beaucoup moins loin, puisque je me suis installée à Bruxelles. Donc en 2004, après deux années d’aller-retour réguliers entre Limoges et Bruxelles, j’ai choisi de m’installer dans la capitale belge. Pour moi vivre dans un pays « du nord » était quelque chose que je n’avais jamais envisagé… mais souvent la Vie décide du chemin que nous devons prendre. Et finalement j’ai découvert une ville très agréable avec une belle qualité de vie. Puis je me suis fait de très bons amis belges dont j’apprécie l’humour et la convivialité. Et aujourd’hui encore quand je rentre en Europe, j’ai plaisir à les retrouver.
Mais vivre une relation à distance et changer cela pour une relation au quotidien s’est avéré plus difficile que nous l’avions imaginé. Alors après deux ans de vie commune nous nous sommes séparés et j’ai cherché un travail ailleurs qu’en Belgique, mais je n’avais pas envie de rentrer en France. J’avais attrapé le virus de l’expatriation.

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Tu ne t’es pas arrêtée à là, au lieu de rentrer en France où est tu allée ?
C’est alors que j’ai obtenu un poste pour un an au Luxembourg dans une école de langues, mais j’ai choisi de vivre en Allemagne. D’abord pour des raisons financières, mais aussi parce que l’Allemagne est un pays que j’affectionne tout particulièrement et c’est le premier pays étranger dans lequel j’ai voyagé quand j’avais 17 ans et j’ai gardé avec ce pays un rapport très affectif.
Puis au bout de 6 ans à faire la navette Luxembourg-Allemagne pour le travail, l’envie de repartir, plus loin cette fois, s’est faite de plus en plus pressante. Donc en 2012 j’ai refait mes valises…

Pourquoi avoir choisi de t’expatrier ?
Toutes ces expatriations ont été des choix personnels, des choix de vie dans des endroits qui m’attiraient, que j’avais envie de découvrir. Et, à mon avis, le secret d’une expatriation réussie réside en partie dans le fait de choisir de s’expatrier et non de le subir.

N’ayant malheureusement pas de photo de l’expérience de Sophie, les photos de cet article sont issues du site Pixabay.


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