Kirghizstan 01

Vie de prof FLE, par Sophie – part.2 KIRGHIZSTAN ET MONGOLIE

Suite de notre série sur l’incroyable parcours de Sophie. Après avoir vécu à Prague et en Allemagne, elle poursuit son voyage vers le Kirghizstan et la Mongolie. Deux destinations pas communes pour cette prof de choc que rien n’arrête !

>>> lire le 1er article : Vie de professeur expatriée par Sophie, partie 1 : Prague.


Sophie, peux tu rapidement te présenter (pour rappel des articles précédents) ?
Graphiste de formation, je suis désormais prof de FLE (français langue étrangère) depuis plus de 18 ans maintenant. Expatriée au long cours et voyageuse passionnée, je cumule 17 ans au total d’expatriations diverses et variées dont 14 années passées non-stop hors de France.

Kirghizstan 03
Dans quel contexte t’es tu retrouvée aux Kirghizstan ?
Le Kirghizstan ça a été par défaut, en effet j’ai découvert la Mongolie en 2009 et après mon second voyage dans ce pays en 2011, je souhaitais y retourner, mais cette fois pour y vivre. Durant ce séjour d’hiver en 2011, j’y ai cherché un travail, mais en vain. Alors voulant à tout prix quitter l’Allemagne, j’ai commencé à regarder les possibilités d’emploi en Asie centrale et j’ai alors été attirée par le Kirghizstan. Je ne savais pas grand chose de ce petit pays, ex-république de l’Union soviétique, mais l’Asie centrale me fascinait et le mode de vie traditionnel kirghize ressemblait fortement à celui des nomades mongols.

Au printemps 2012, c’est suite à la réponse positive de ma candidature spontanée que j’ai trouvé un poste de prof de français à l’Université Internationale du Kirghizstan à Bichkek. Les échanges d’emails avec la directrice étaient prometteurs : salaire local mais logement gratuit et cours de russe également gratuits. Donc mon déménagement fut prévu pour l’été.

C’est une destination très atypique, comment a réagit ton entourage à l’annonce de ton départ ?
Alors quand j’ai dit à mes amis que j’allais m’expatrier au Kirghizstan, j’ai eu droit à des regards plus qu’étonnés. Beaucoup me voyaient déjà au Kurdistan, voire même chez les Talibans en Afghanistan… ou en tout cas dans un pays inconnu et forcément dangereux où l’insécurité règne à chaque coin de rue !!!

N’ayant aucune famille en France où stocker mes affaires, avant mon départ j’ai du me séparer de tous mes biens matériels : meubles, livres, vaisselle, bibelots, etc. Je ne devais partir qu’avec l’essentiel, exactement comme les nomades que j’avais découverts en Mongolie.

 Kirghizstan 02
Comment se sont déroulés les premiers jours sur place ?
Le premier jour, l’accueil fut vraiment chaleureux et la directrice en personne est venue me chercher à l’aéroport, m’a invitée chez elle à déguster la spécialité locale : « le beschbarmak », un plat composé de viande de mouton, de pâtes, de carottes et d’oignons et qu’on mange avec les « cinq doigts ». Arès ce petit déjeuner plus que roboratif, elle m’a conduite dans un petit appartement (à la propreté douteuse) qui lui appartenait pour que je puisse me reposer quelques heures avant de me montrer mon futur logement gratuit.

T’es-tu rapidement accoutumée à la culture locale ? Comment était ton quotidien ?
En fait le logement, il s’agissait d’un appartement quasi insalubre que je devais partager avec trois jeunes profs chinoises, alors que jamais il n’avait été question d’un appartement en colocation ! Refusant sa proposition, elle m’a reconduite à son appartement qu’elle a déclaré pouvoir me louer pour un loyer modeste de 250 US$… sachant que mon salaire allait être de 170 US$, c’était une vraie escroquerie !

Mais après une nuit de voyage et ignorant tout de la ville, que pouvais-je faire d’autre que d’accepter ?! Donc pour subvenir à mes besoins, j’ai très vite dû trouver un second travail. Rapidement j’ai compris, qu’en tant qu’étrangère, j’étais considérée comme obligatoirement « riche » et donc que pour tout j’allais devoir payer plus cher !

Comment se déroulait ton travail comparativement à tes expériences précédentes ?
Avec ce travail à l’université, j’ai découvert qu’en Asie centrale les gens ont un rapport tout différent au temps et que l’organisation et la planification ne sont pas leurs spécialités. Du coup, j’ai appris la patience, la vraie, celle qui vous met à l’épreuve et sur les nerfs.

Mongolie 02

Bref, mon quotidien s’est vite révélé épuisant tant physiquement que psychologiquement, car je devais courir d’un job à l’autre sans savoir comment à la fin du mois comment j’allais payer mon loyer ou même manger le lendemain.

Donc, même si j’avais signé un contrat d’un an, je suis partie au bout de six mois en devant batailler et menacer d’appeler l’ambassade de France pour récupérer mon passeport. A ce moment-là, j’avais vraiment le sentiment que je devais sauver ma peau de cette situation destructrice.

Qu’est ce qui t’as profondément marquée dans ce pays ?
Malgré toutes ces difficultés, j’ai rencontré des gens adorables qui m’ont aidée et je dois ici remercier et rendre hommage à Naguima sas qui je n’aurais jamais pu m’en sortir. Elle m’a hébergée et aidée dans toutes mes démarches me permettant d’aller en Mongolie : visa, voyage à Almaty, expédition de mes affaires… Mais ayant perdu énormément d’argent au cours de ces six mois de survie, c’est surtout grâce à la solidarité et la générosité d’amis et connaissances que j’ai réussi à payer mon billet d’avion pour Ulaan Baatar.

J’ai aussi vu des paysages fantastiques, participé au sauvetage d’un chien au lac Issyk Kyl, été invitée dans les familles de mes étudiantes et garder des contacts avec certaines d’entre elles, dont une notamment que j’ai retrouvée à Moscou il y a quelques mois.

Ce pays m’a appris à demander de l’aide, à m’en remettre aux autres et surtout à faire confiance à la vie et à ce et ceux qu’elle met sur mon chemin. Mais ça a aussi été une vraie leçon de patience et d’humilité.

Et puis j’ai compris que l’expression vouloir partir « à tout prix », a vraiment un sens… et un coût !


Mongolie 03

Par la suite tu t’es dirigée vers la Mongolie, comment cette transition s’est déroulée ?
Après cette expérience kirghize éprouvante à bien des points de vue, je suis arrivée en Mongolie comme libérée d’un poids énorme. Et contrairement au Kirghizstan, je connaissais déjà le pays et y avais des contacts, donc mon arrivée à Ulaan Baatar fut relativement facile.

Rapidement une jeune femme mongole, rencontrée lors de mon premier voyage en 2009, s’est rapprochée de moi pour que je l’aide à développer son agence de voyage. Elle m’a aidée à obtenir un permis de séjour de volontaire non-salariée me permettant ainsi de pouvoir rester en Mongolie de manière légale. Mais pour subvenir à mes besoins, c’est au noir que j’allais travailler durant les 18 mois de mon séjour en Mongolie, tantôt comme prof d’allemand pour une petite école de langues, tantôt comme prof de français en donnant des cours privés, mais aussi en tant qu’agent de voyage. J’ai appris beaucoup en travaillent dans cette agence de voyage et j’ai énormément découvert ce pays trois fois grand comme la France. J’ai rencontré beaucoup de familles nomades et partager avec eux un peu de leur vie et chacun d’eux m’a enseigné quelque chose d’essentiel sur la vie : savoir vivre avec juste ce qui est nécessaire, comprendre que le bonheur n’est pas une quête mais un enchaînement de petits faits à savourer chaque jour, et surtout l’attachement à une terre, à des racines.

Mais très vite cette situation s’est avérée aussi inconfortable que ce que j’avais vécu et fui au Kirghizstan ! Mais le but de mon séjour en Mongolie était tout autre : j’étais dans ce pays afin de poursuivre mon initiation chamanique. C’est ce que j’ai fait… de manière parfois un peu étrange. Et cet enseignement m’a menée jusqu’en Sibérie sur les bords du lac Baïkal où j’ai rencontré le chaman le plus humble et honnête qu’il m’ait été donné de croiser. Les deux jours passés en sa compagnie et le rituel fait ensemble ont été l’une des plus belles leçons de vie que j’ai reçue. Et jusqu’à aujourd’hui je garde dans mon cœur un souvenir toujours ému de Boris et de sa famille.

Mongolie 01

Bref, en Mongolie j’ai réalisé que là aussi quand on est Occidentale, les locaux cherchent toujours à voir de quel moyen ils peuvent vous utiliser. Donc après ces 18 mois en Mongolie, je suis rentrée en Europe déçue, épuisée et avec juste 200 euros en poche.

Malgré toutes ces difficultés, je garde de la Mongolie ces merveilleux moments d’intense liberté dans la steppe, cette nature encore vraiment sauvage dans laquelle on se sent tout petit, mais pleinement soi-même.

Pour conclure, je voudrais mettre en garde ceux qui combien de fois m’ont déclaré : « Oh, tu vis en Mongolie, quelle chance tu as ! » en leur disant qu’entre le fantasme qu’ils ont de ce pays ou la vision qu’ils en ont rapportés de leur voyage ou des reportages diffusés à la télé, n’a absolument rien à voir avec la réalité que l’on peut vivre quand on réside dans ce pays.


Plus de news et de témoignages de voyageurs SUR LE FACEBOOK,TWITTER ET INSTAGRAM DE VALISE VOLANTE !

Tintin Thaï en Thaïlande

Tintin, l’expatrié de Thaïlande

La Thaïlande fait son entrée dans les destinations de Valise Volante ! Quelle chance que ce soit un pur passionné qui ai décidé d’y poser ses valise, et de nous raconter sa vie d’expatrié sur place. La passion de Tintin pour la Thaïlande est même si grande qu’il a créé un site dédié à son pays d’adoption.


Peux-tu te présenter ?
Je suis le marionnettiste de Tintin Thaï, personnage de fiction et avatar de mon blog. Issus d’une attraction entre ma passion de la célèbre bande dessiné de Hergé et de la Thaïlande. Je suis l’auteur d’un site informatif sur la Thaïlande depuis 2014.

Ma mère pourrait dire que j’ai toujours eu la tête dans la lune, et d’ailleurs je lui donne raison…
Il y a quelques jours à Bangkok (ce 31 janvier 2018) s’est produit un phénomène particulièrement étonnant. La combinaison de phénomènes astronomiques rarissimes : L’axe du satellite était à son périgée (Super-lune) lié à une éclipse lunaire totale. La Super-lune s’est teintée de nuances aux pigments sanguins jusqu’à disparaître dans l’obscurité sous le voile sombre du soleil.

Valise lunevivre enthailandevalisevolanteparnasei

Avant d’aller en Thaïlande…
De voir toute la gamme de couleurs des taxis de Bangkok, proche de l’ensemble des nuances du cercle chromatique, entremêlé aux Tuk Tuk et au flot incessant des motobikes.
D’écouter le grouillement acoustique de la forêt tropicale au sein du parc national de Khao Sok, et de fourmillez dans ce microcosme comme un chromosome surnuméraire, une anomalie qui ébranle cet univers vierge et tentez de ne faire qu’un avec la communauté végétale. D’éprouver de la surprise et de l’étonnement pour une communauté aux mœurs qui valorisent la qualité de la relation plus que la véracité des faits.

Je l’avais imaginé, rêvé… Alors ma première fois, ce fut un bouleversement quantique, comme un instant qu’on a déjà eu l’impression de vivre, un moment qu’on oublie pas, qui marque.

Avais-tu déjà vécu à l’étranger ou voyagé seul avant la Thaïlande ?
En famille, j’avais découvert Berlin et réalisé que la barrière de la langue pouvait être problématique, mais avec un peu de sollicitude, compensé par quelques sourires, si on est bien luné… la communication est plutôt simple.

Le voyage est un moyen de se téléporter dans l’espace mais aussi dans le temps. La connaissance d’un lieu et de son Histoire apporte une dimension supplémentaire aux saveurs et aux émotions du voyage.

J’ai toujours en mémoire la Porte de Brandebourg à Berlin. Symbole de la victoire prussienne contre napoléon, monument emblématique des jeux olympiques de 1936 et des ambitions affichés du parti Nazi, puis attribut qui désunit un seul et même peuple avec la construction du mur de Berlin en 1961. Jusqu’à devenir à ce jour, le symbole d’une Allemagne réunifiée.

Pourquoi avoir choisi cette destination ? Qu’est ce qui t’as donné l’envie de t’installer là bas ?
En 2011, j’avais déjà visité, l’Allemagne, l’Espagne, l’Angleterre, la Belgique et la Hollande. J’étais attiré par un choc des cultures, j’hésitais entre l’Asie du sud-est et l’Amérique du sud.
Un ami de BTS Compta revenait d’un périple de 3 mois en Asie. Il avait acheté un vélo à Bangkok et était remonté jusqu’à Chiang Mai, avait poussé jusqu’au Laos, et ensuite il avait pris le train.
Un mois après, je débarquais à Bangkok, sans rien connaitre, sans itinéraire, sans savoir où faire le change, j’avais pas de visa pour mes 3 mois de séjour…
Tout s’est bien passé.
Et dire que je suis passé à deux doigt d’être l’auteur de specialperou.com…Mine de rien specialthailande.com ça fait plus sérieux nan ?

Koh kood 2vivre enthailandevalisevolanteparnasei

Quel est ton métier ? Peut-il bien se concilier avec ta vie en Thaïlande ?
Il y a plusieurs contraintes financières et législatives auxquelles les employeurs susceptibles de vouloir employer un étranger sont soumis. La Thaïlande est une destination attractive, et donne l’ambition de tenter sa chance sur le marché du travail thaïlandais.

Du point de vue de l’entreprise, employer un étranger représente une charge salariale supplémentaire (Obligation que la société ait un capital de 2 millions de bahts ; d’employer 4 citoyens thaï par permis de travail ; un salaire minimum 5 fois supérieur…). Pour que l’entreprise fasse ce choix, il faut avoir des compétences spécifiques pour pouvoir travailler en Thaïlande.

En revanche j’arrive à concilier ces obstacles, je suis Webmaster Freelance (Création de site, Optimisation, Référencement, Rédaction…) et ma micro-entreprise est déclarée en France. J’ai plusieurs autres activités… Attention contrairement à ce qu’on pourrait penser, être blogueur est une passion avant tout.

Tu as commencé à apprendre le Thaï pour t’intégrer, est-ce difficile ?
Y a plus de 6 mois, j’avais encore mon téléphone Samsung Hero (Un téléphone qui ressort intact d’une chute de ma moto à 80km/h sur Sukhumvit à Bangkok, qui résiste à l’immersion dans un jacuzzi, certes sans caméra, ni application, mais avec une batterie qui me fait la semaine. Un téléphone qui porte son nom à la perfection). J’ai donc contacté toutes les écoles proposant l’apprentissage de la langue thaï. Ça m’a permis de faire le tri entre toutes et de choisir celle qui me semblait la plus qualitative.

La méthode de Duke Language School est vraiment adaptée. Non sans savoir que nous sommes tous différents face au processus de mémorisation. Leur méthode est simple. Elle combine à la fois, le visuel, l’auditif, la kinesthésie, la mise en situation, la participation de tous.En pratique, ça donne quoi ? La leçon du jour débute, chacun de nous a un livre de cours. L’enseignante éclairci le thème abordé en écrivant au tableau, et en faisant répéter chacun de nous, utilisant des photos ou en nous faisant écouter un dialogue audio.
Puis chacun de nous se lève au  centre, et en binôme, nous appliquons les expressions apprises en nous interrogeant mutuellement en thaïlandais.

Il y a un avantage contextuel indéniable. L’environnement favorise l’application de l’apprentissage du thaï, dans la vie de tous les jours, en discutant, en faisant vos courses sur le marché, en prenant un taxi…
Pour ceux qui ont déjà l’œil qui brillent et qui veulent apprendre le thaï à Bangkok.

écolevivre enthailandevalisevolanteparnasei

Qu’est ce qui te passionne dans ce pays ?
J’ai pas envie de faire un tableau idyllique de la Thaïlande, j’ai déjà été assez élogieux. Faut aussi garder les pieds sur terre. C’est un pays avec ses défauts et ses qualités, une forme de dualité très contrasté…
Ce qui me passionne ? Sa part de mystère.

Y a t’il des lieux que tu aimes particulièrement ?
J’aime bien assister aux combats de Muay Thai. Surtout quand ça raconte une histoire. Vendredi dernier, au sein des studio de la GMM TV. Un jeune suisse est sur le point d’affronter un thaïlandais. Avant le début du combat, la caméra fait un plan appuyé sur trois personnes du public (suisse je suppose, dans tout les cas, proches du boxeur). Le premier round, les assauts du thaïlandais, font apparaître la veine du front d’une spectatrice, peinant à masquer son trouble. Second Round, le suisse répond de manière directe et percutante à son adversaire…
Moment d’émotions intenses…

As-tu vécu des rencontres marquantes ?
Depuis longtemps je regardai tout ses matchs, Buakaw Banchamek, Superstar du Muay Thai. J’ai été assisté à l’un de ses combats. J’ai gardé un souvenir…

Buakawvivre enthailandevalisevolanteparnasei

Quelles sont les différences flagrantes avec la culture française ?
La croyance, la religion et le Bouddhisme. Certains actes irrationnels (qui peuvent paraître insensé pour quelques cartésiens) sont une forme de transcendance, une volonté de croire et d’espoir.

Le respect et l’amour pour le Roi.
Le 13 octobre 2016, ma compagne regarde la télévision pendant que j’écris un article sur mon blog. Interruption…et reprise de l’image sur une présentatrice qui annonce la mort de Bhumibol Adulyadej – Rama IV. En une fraction de seconde, j’ai vu ses yeux se gorger de larmes et ce sentiment était partagé pour la majorité des citoyens thaïlandais.

Le système de répartition des richesses. La sécurité et l’insouciance qu’apportent les avantages sociaux, en terme de santé, de retraite, de famille…

Je crois que l’homme est le même partout, mais que ce sont des facteurs sociaux culturels qui le façonnent.

Que penses-tu des Français qui viennent en visite dans le pays ?
La même chose que des anglais, des suisses, des espagnol, italiens qui viennent en Thaïlande.

Quels sont tes futurs projets ?
Réaliser la moitié qui est sur ma liste déjà, ça serait bien.

Pour finir, aurais-tu des conseils/idées/bons plans à donner aux lecteurs de Valise Volante qui seraient tentés de s’expatrier en Thaïlande ?
Pour tous ceux qui désirent partir en vacance en Thaïlande, qui veulent étudier et faire un visa étudiant, ou qui souhaitent s’expatrier.

Je vous invite à jetez un œil à mon blog pour Voyager en Thaïlande.


Plus de news et de témoignages de voyageurs SUR LE FACEBOOK,TWITTER ET INSTAGRAM DE VALISE VOLANTE !

indevolontariatpargaelle4

Gaëlle et l’Humanitaire : Volontaire au Brésil puis en Inde – 1/3

Toute nouvelle série de témoignage pour Valise Volante ! Cette fois-ci c’est Gaëlle qui  s’y colle avec un palmarès impressionnant d’expériences d’expatriée sur plusieurs continents. Elle débute son parcours en tant que bénévole dans d’importantes associations, au Brésil et en Inde.


Peux-tu te présenter ?

Bonjour ! Je m’appelle Gaëlle, j’ai 33 ans. Je suis née à Clermont-Ferrand mais je suis également d’origine portugaise par mes deux parents, j’ai donc la double nationalité ! Je me dis souvent que je dois avoir un ancêtre lointain qui était navigateur/explorateur et qui m’a donné le gène du voyage, car depuis que j’ai commencé à bouger que ça soit pour mes études, pour le boulot ou pour la découverte, je ne peux plus m’arrêter !

indevolontariatpargaelle5

Quelle était ta destination ?
Je suis partie en 2007 pour 6 mois au Brésil, à la fin de mon master 2 en Coopération et Droit international. Pendant ces 6 mois, j’ai vécu 4 mois dans une favela de Salvador où je travaillais dans une petite association appelée Associação Criança e Familia (ACEF), puis 2 mois à São Paulo où j’ai travaillé pour un important mouvement social brésilien, le Mouvement des Sans Terre (MST).

Avais-tu déjà voyagé seule ou déjà vécu à l’étranger avant ce volontariat ?
Avant cette expérience au Brésil, j’ai fait 2 petits séjours linguistiques à Londres en Angleterre et à Alicante en Espagne, pendant ma 2e année de fac. Puis j’ai passé 5 mois aux Etats-Unis pour un échange universitaire en 2004. Cette 1ère expérience plus ou moins longue m’a donné envie de repartir et la certitude que ma vie se construirait en partie à l’étranger…

bresilvolontariatpargaelle5

Pourquoi as-tu choisi de faire du volontariat au Brésil ?
Je devais faire un stage de fin d’étude et j’ai décidé assez vite que je voulais le faire au Brésil car c’était un pays qui me fascinait depuis des années par sa culture, son histoire et sa langue portugaise… Dans le cadre de mon master, c’était un pays qui présentait un contexte politique et social intéressant, avec des inégalités énormes, malheureusement encore d’actualité aujourd’hui même si différentes. Du haut de mes 23 ans, j’avais envie de me confronter à une autre réalité et de m’impliquer concrètement dans un pays en développement.

Peux-tu nous expliquer tes tâches ?
Dans l’association de Salvador, je travaillais le matin au secrétariat pour des tâches administratives, des traductions, des travaux sur ordinateur, des dossiers de financement. Puis l’après-midi, je travaillais dans le projet de crèche de l’association avec des petits groupes d’enfants où j’organisais des sessions d’activités ludiques, artistiques et de jeux divers.

Pendant les 2 mois où j’ai travaillé auprès du MST, j’étais en fait la représentante d’une association française partenaire (Frères des Hommes, FDH) et mon rôle était de récolter des informations sur les activités du mouvement afin d’alimenter une newsletter et d’aider à la rédaction des rapports d’activités de FDH. J’ai pu participer à certains évènements marquants, comme le Congrès National du mouvement et une formation où ont participé plusieurs membres de certains des mouvements sociaux latino-américains les plus actifs.

bresilvolontariatpargaelle2

Comment as-tu trouvé cette offre de volontariat ?
Pour mon volontariat, avec l’association de Salvador, ça s’est fait par hasard. A l’époque (en 2007), les sites de Workaway ou HelpX n’existaient pas, mais internet était déjà une mine d’or et j’ai trouvé un répertoire d’associations brésiliennes travaillant avec les enfants et les jeunes, recevant des soutiens d’associations françaises. J’ai envoyé quelques mails à différentes associations et j’ai fini par échanger avec l’une d’entre elles basée à São Paulo, qui m’a mis en contact avec une autre association de Salvador. Puis ça s’est enchainé…
Pour la partie de mon stage avec le MST, ça s’est fait par l’intermédiaire de l’association française partenaire, FDH, avec qui j’avais réalisé un stage en 2006. Satisfaits de mon travail, quand ils ont su que je partais au Brésil, ils ont vu l’opportunité d’avoir un représentant sur place auprès de leur partenaire.

Comment as-tu vécu la différence culturelle ? Ce qui t’as le plus marquée ?
Je suis arrivée au Brésil en juin 2007, en France c’était le début de l’été mais au Brésil celui de l’hiver, même si à Salvador il fait chaud toute l’année, de changer d’hémisphère et de m’imaginer la tête à l’envers c’était une première. J’arrivais assez confiante car je parlais déjà le portugais appris dans ma famille et amélioré par des cours à la fac, même si je savais que le portugais du Brésil était différent de celui du Portugal. J’ai eu quelques moments de doute au début mais je m’y suis vite habituée et j’ai fini par rigoler des différents quiproquos causés par la langue. D’ailleurs certains de mes amis brésiliens me les rappellent de temps en temps et aujourd’hui, je parle plus le portugais du Brésil que celui du Portugal que je trouve plus beau à l’oreille et plus fluide.
La découverte de la culture brésilienne a été une vraie révolution, la musique, la danse, les villes coloniales à l’histoire riche, tout comme j’ai adoré découvrir sa nature qui ne se limite pas seulement à de magnifiques plages mais aussi à de somptueux parcs naturels…

Pour les grosses différences culturelles, il a fallu s’habituer petit à petit au rythme nonchalant du Brésil, le rapport au temps totalement différent de celui de la France mais aussi à la chaleur des habitants, leur sourire, leur joie de vivre et leur motivation à aller toujours de l’avant quand ils se trouvent dans des situations difficiles…
Ce qui m’a le plus marquée c’est sûrement qu’en étant hébergée dans la favela où travaillait l’association, j’ai été confrontée à des réalités très différentes, très dures… J’ai rencontré des jeunes filles de 15-16 ayant déjà un enfant, voire deux, abandonnées par leur famille et pour qui l’association était un des seuls supports au quotidien. Face à cela, on relativise énormément quant à nos problèmes, plus ou moins petits. Pendant ces 4 mois, j’ai vécu dans une famille de la favela qui est devenue ma 2e famille, ils n’ont jamais accepté que je leur paye quoique ce soit et m’ont considéré comme une 2e fille… Aujourd’hui, le Brésil a une place très spéciale dans ma vie, j’y suis allée à 5 reprises et j’ai un temps pensé m’y installer mais la vie a fait que ça n’a pas été possible jusqu’à présent… Qui sait dans quelques années ?!

Y a-t-il certaines personnes qui t’ont marquée ?
Des personnes qui m’ont marquée il y en a eu c’est sûr… Berna, la directrice de l’association où j’ai travaillé à Salvador, une dame de 65 ans à l’époque qui a tout donné pour l’association et pour les familles du quartier. 10 ans après, elle est toujours là, elle a commencé à passer la main mais toute sa vie a été consacrée à l’asso et aux jeunes du quartier… Edite, Eli, Gabriel, Marlene, certains membres de l’association aussi m’ont marqué, ils m’ont adopté à part entière, c’est une famille par extension que j’ai trouvé en eux. Ou bien certains jeunes pleins de rêves et d’envie d’ailleurs, avec qui j’ai sympathisé et à qui j’ai donné des cours de français…
Puis il y a également certaines personnes rencontrées pendant mon 2e stage. J’ai moins gardé de contact donc j’ai oublié les noms mais je me rappelle en particulier d’une jeune agricultrice de 30 ans environ, qui m’a accueillie chez elle pendant une semaine pour que je puisse découvrir le fonctionnement du Mouvement des Sans Terre à la base, dans un camp gagné sur des terres agricoles non exploitées par leur propriétaire. C’était là aussi une autre réalité, celle du Brésil rural…

bresilvolontariatpargaelle

Comment es-tu passée du Brésil à l’Inde ?
Là aussi ça s’est fait un peu au hasard, ou avec un peu de chance on va dire… Je suis rentrée du Brésil en décembre 2007. Après les fêtes de Noël, j’ai commencé à chercher du travail puis un jour de janvier, mon ancienne maitre de stage pour Frères des Hommes m’a appelée pour me proposer un volontariat auprès d’un autre de leur partenaire, mais cette fois en Inde !

Pourquoi avoir choisi cette destination ?
En fait, c’est plutôt l’Inde qui m’a choisie… Avant qu’on me propose ce volontariat, ce n’était pas du tout un pays auquel j’avais pensé. J’avais lu quelques bouquins, vu quelques films, mais ça ne m’attirait pas plus que ça. Pourtant je me suis dit que cette proposition était une belle occasion de connaitre un nouveau continent et surtout de découvrir un pays assez mystérieux avec encore des réalités bien différentes de celles de la France…

indevolontariatpargaelle

Pourquoi avoir décidé de reprendre l’option de voyager en volontariat ?
Après avoir validé mon stage au Brésil pour mon master, je cherchais du travail dans une association pour continuer à m’investir dans la coopération internationale, et repartir à l’étranger. Pour me faire de l’expérience avant de prétendre à certains postes de gestion de projet, je savais qu’il faudrait repasser par la case « volontariat » et j’ai contacté plusieurs plateformes françaises d’envoi de volontaires. Puis j’ai reçu ce fameux appel…

Peux-tu nous expliquer tes tâches ?
Pour ce volontariat, j’ai finalement travaillé auprès de 2 partenaires de FDH pendant 5 mois : Fedina, basée à Bangalore mais avec des projets dans les trois états du sud de l’Inde, et Ekta Parishad dont j’ai visité des projets dans la même région. Pour Fedina, il s’agissait encore une fois de récolter des informations mais surtout d’accompagner les associations indiennes dans le suivi d’un projet de soutien au droit des femmes issues des bidonvilles, des villages, de tribus rurales, ainsi que des populations intouchables (appelées Dalits). Pour Ekta Parishad, c’était un peu la même chose mais j’ai surtout visité des communautés agricoles, dont certains villages touchés par le tsunami de 2004.
J’ai donc pas mal bougé dans le pays pour rencontrer ces femmes et communautés, c’est la partie de mon expérience la plus intéressante. Ensuite, je devais rédiger des rapports ou des articles pour la newsletter, qui permettaient de justifier de l’utilisation des dons reçus de particuliers ou des fonds concédés par des bailleurs institutionnels.

Comment as-tu trouvé l’Inde ?
Entre le Brésil et l’Inde, j’ai vécu un énorme grand écart culturel… Tout oppose ces deux pays, comme tout oppose la France et l’Inde… Déjà la langue. Même si je parlais l’anglais, l’anglais indien est assez curieux au premier abord. Puis il existe une multitude de langues et dialectes, dans chaque état du pays… Lors de mes rencontres avec les personnes, surtout les femmes, participant au projet que je suivais, j’ai adoré le fait que même sans parler la même langue, le regard, le sourire et les gestes permettaient de laisser entendre une bonne partie de nos intentions (j’avais quand même une traductrice…)

Mon expérience en Inde a été particulière, j’ai adoré et détesté à la fois… J’ai adoré mon travail et le contact avec les gens des associations indiennes, des personnes des projets, ma famille d’accueil, qui ont été adorables avec moi. J’ai adoré en découvrir plus sur la culture indienne, ses croyances entre hindouisme et bouddhisme, ses magnifiques temples, des cités mystérieuses comme Hampi, les couleurs surtout celles des splendides saris/tuniques des femmes, les odeurs dans les marchés. Bref, c’était un vrai dépaysement qui m’a permis d’apprendre beaucoup et d’avoir constamment les sens en éveil…
Mais j’ai aussi détesté les villes indiennes, très bruyantes, grouillantes de monde, sales et malodorantes. J’ai détesté certaines traditions comme les castes et surtout celles dévalorisant constamment le rôle et la place de la femme dans la famille et plus largement dans la société indienne. De tous les pays que j’ai visité jusqu’à aujourd’hui, il n’y a qu’en Inde que j’ai ressenti de le l’insécurité, j’ai vécu quelques épisodes assez traumatisants à des arrêts de bus. Jamais rien de grave mais je n’étais jamais à l’aise en présence d’hommes

indevolontariatpargaelle4

.

– Le bilan de ces Deux volontariats-

Qu’est-ce que ces expériences t’auront apportée ?
Plus de confiance en moi ! J’étais une ado un peu complexée, réservée, même si ça a changé peu à peu à la fac. Partir à l’étranger sur des périodes assez longues et seule m’a montré que j’étais capable de me débrouiller, de m’adapter à des situations différentes et surtout que ma timidité n’était pas si insurmontable… Au Brésil, j’ai laissé tomber les barrières, je me suis ouverte aux autres, j’ai fait des rencontres qui m’ont changé et la bonne humeur brésilienne m’a beaucoup aidé quand j’avais des petites baisses de moral.

Autant au Brésil qu’en Inde, d’être confrontée à de nouvelles réalités très différentes de celles de la France m’a appris à relativiser sur beaucoup de choses et à me rendre compte que finalement on a besoin de peu de choses pour être heureux…
Puis l’Inde m’a aidé à faire plus attention à moi, dans le sens où je reste une étrangère dans un pays qui n’est pas le mien, je dois m’adapter à la culture, aux habitudes. Je suis partie en Inde sans vraie préparation au choc culturel et je l’ai appris à mes dépends sur place, mais ça m’a servi de leçon pour mes autres expériences.

Ta vision du pays a-t-elle changée entre avant et après ton passage en volontariat ?
En ce qui concerne le Brésil, j’avais une image à double facette : celle de la fête, de la plage, du soleil, puis celle de la pauvreté et de la violence. En fait, celle que beaucoup de gens ont d’après les médias… Mais avoir vécu plusieurs fois dans cet immense pays m’a permis d’approfondir ces images, d’aller au-delà et de mieux comprendre les réalités sociales, politiques, économiques.

Pour l’Inde, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, je ne m’étais pas vraiment documentée avant mon départ… Mais mon expérience a confirmé l’image d’un pays immense aux mille facettes, linguistiques, culturelles, etc., mais aussi aux traditions mystérieuses.

Aurais-tu des conseils, bons plans à donner à ceux qui aimeraient faire comme toi ?
Oser saisir les chances qui se présentent, et parfois les provoquer un peu… C’est très abstrait mais en fait, je me rends compte que c’est ce qui s’est passé pour ces 2 expériences de volontariat… Par contre, il est bien sûr préférable de ne pas trop partir à l’aveugle dans n’importe qu’elle association, échanger d’abord un peu avec le responsable au sujet du travail de l’association, des tâches à réaliser, des conditions de vie sur place, etc.
Aujourd’hui, il existe beaucoup de sites qui proposent des volontariats contre une contribution financière de la part du volontaire, ce qui m’a toujours semblé contradictoire. Privilégier plutôt les plateformes françaises d’envoi de volontaires comme France Volontaires, le Service de Coopération au Développement.

indevolontariatpargaelle2


La suite du parcours trépidant de Gaëlle prochainement…sous le soleil du maroc et au tchad

Pour ne pas rater la suite de cette série et plus de témoignages de voyageurs – rendez vous sur LE FACEBOOK,TWITTER ET INSTAGRAM DE VALISE VOLANTE !